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Question Extrait de Pyrénées, l’éclat sauvage d’une traversée

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il y a 11 ans 5 mois #25702 par le gardien
le gardien a créé le sujet : Extrait de Pyrénées, l’éclat sauvage d’une traversée
Voici un extrait de Pyrénées, l’éclat sauvage d’une traversée, ouvrage de David Genestal que je vous invite à découvrir d'urgence.

« Le Grand Barbat est en vue, ligne de rocaille sombre et déchirée aussi grise que l’acier. Il s’agit simplement maintenant de se diriger vers lui en franchissant à vue quelques petits collets. L’étape d’aujourd’hui est définitivement placée sous le signe du hors-sentier, entreprise excitante rendue possible par le retour du soleil qui nous procure une visibilité idéale pour anticiper nos déplacements. Nous montons donc et descendons d’autant dans un paysage sauvage et austère où se bousculent roches effondrées et raides névés. Je descendrai d’ailleurs le dernier de ceux-ci sur le derrière après avoir raté une marche. Une péripétie qui nous redonne le sourire et qui détend l’atmosphère après une séquence boude prolongée.

Une fois n’est pas coutume, nous décidons de court-circuiter la description du topo pour nous laisser simplement guider par nos envies. Nous nous enflammons pour des parcours alléchants et vo-tons finalement pour l’arête sud. Seuls les appareils photos survivront encore à l’abandon de nos sacs. Nous visons un col échancré très caractéristique que nous rejoignons par une raide pente d’éboulis, préférable au névé de mes exploits. L’arête y démarre sèchement. Nous attaquons les premiers pas d’escalade sur un rocher solide et licheneux. Les prises sont grossières et la progression rapide jusqu’à un premier obstacle, à savoir un court passage un peu expo que nous estimons en 5b. Nous nous y essayons chacun notre tour pour une conclusion identique : c’est jouable certes, mais risqué. Pas d’hésitation, nous contournons. Et sans regret. Car le contournement nous gratifie de quelques petits pas de libre fort excitants dans lesquels nous plaçons toute notre attention en même temps que nous travaillons avec application gestuelle et placements. Sans nul doute ces petits exercices auront été bénéfiques et les retrouvailles futures avec la corde seront facilitées par ce nouveau capital confiance. Cette confiance même qui permet de réaliser des prouesses sans présumer de ses forces ni être rendu aveugle.

De ce fait nous surgissons finalement sur le faîte de l’arête qu’il nous reste à traverser. L’exercice est un véritable régal : le parcours, très aérien, nous oblige à quelques jolis pas d’adhérence ainsi qu’à quelques acrobatiques enjambées sur des rochers déchiquetés. La fin est un amoncellement de blocs que nous gravissons sans difficulté jusqu’au sommet pointé à 2.814m d’altitude. Un pur concentré de bonheur. Fait exceptionnel, le vent est enfin muet et une vue dégagée de tous côtés s’offre à nos yeux pétillants de joie. Elle s’étend même jusqu’à l’observatoire du Pic du Midi de Bigorre et aux sommets du Néouvielle, où nous serons dans une semaine. Avec le ciel au-dessus de nos têtes pour unique témoin, nous nous tenons droits et fiers sur ce sommet, à contempler ravis ces montagnes qui hantent nos rêves depuis des années. Comment décrire ce paysage fascinant de sauvagerie, hérissé de sommets que la superbe dispute au danger ? Comment parler de ces hautes citadelles sombres aux remparts déchirés et vertigineux ? Leur noirceur les transcende, leur conférant un parfum d’inaccessibilité, de virginité guerrière. Il y en a partout, qui nous cernent et nous dominent, créant autour d’eux autant de profondes vallées, s’étirant à l’infini encore et encore jusqu’à donner le tournis. C’est simplement saisissant. »

(2ème partie, chapitre 6, pages 148-149)

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