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Question Dilème du marcheur

  • natrilha
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il y a 8 ans 6 mois #38257 par natrilha
natrilha a créé le sujet : Dilème du marcheur
Bonjour à tous,
J'ai fait le GR20 il y a quelques temps, et je suis en train d'écrire un texte sur cette expérience. Et dans mes notes je vois que les marcheurs parlent beaucoup sur le sentier (quand ça ne monte pas trop). Et qu'ils parlent de leur quotidien.
Il me semble en effet que la marche est aussi un moment où on prend le temps d'être entre amis ou en famille, et qu'en quelque sorte, on rattrape le temps qu'on a pas pris à discuter durant l'année. Des longues discussions, à la fois sérieuses et désinvoltes, parfois très intimes ou très profondes, s'égrainent le long du GR.
Ce qui attire mon attention c'est que presque tout le monde dit qu'il vient ici pour oublier ses problèmes, pour ne plus penser à rien, pour recharger les batteries et faire le vide.
Pensez-vous que les deux choses soient contradictoires?
Comment le vivez-vous?
Je me dis qu'en papotant, on se vide, d'où la sensation d'être loin des soucis du quotidien.
Y-a-t il un dilemme du marcheur qui consiste à aimer s'extraire du quotidien, mais à continuer à y penser (les gens disent qu'ils font le point) lorsqu'on est loin?

On peut d'ailleurs poser la question même quand on ne parle pas, car je me suis rendu compte qu'on marchant (seul) je repensais à des tas de choses qui s'étaient passées dans l'année. Je me repassais des scènes, des moments durs, des joies etc. Bref, je n'oublie rien sur le sentier
Et pourtant...
Merci de m'apporter vos avis
Bises aux accros de la nature!

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il y a 8 ans 6 mois #38259 par le pyrénéen
le pyrénéen a répondu au sujet : Re:Dilème du marcheur
bonjour,

la marche est en quelque sorte un moment d'évasion qui permets au randonneur de s'extraire de son lot quotidien.
pour moi la marche, c'est partir une journée ou plus et faire le vide autour de moi, je ne dis pas que mes pensées ne vont pas me rattraper et me ramener à la réalité du boulot.

une journée de marche me permets de faire un point zéro. surtout quand je pars seul pour une marche de 7 à 8 h00 et que le but est l'approche de la faune. là plus rien dans l'esprit que l'affût du chasseur (d'image), le silence, une respiration lente et des gestes souples.

ce n'est qu'au retour que parfois mes pensées me ramenent à la réalité.

le plaisir afficher sa passion au bureau et pouvoir s'évader quelques minutes en plongeant dans ces images.

Bonne route et bonne rando à tous.

Le Pyrénéen

celui qui,
dans la neige profonde,
n'a jamais fait sa trace,
qu'un coup de vent efface,
sait il l'espérance

J.J Mollaret, Au delà des cimes

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  • natrilha
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il y a 8 ans 6 mois #38261 par natrilha
natrilha a répondu au sujet : Re:Dilème du marcheur
C'est vrai que les choses marchent dans les deux sens. Autant pendant la marche on peut penser au quotidien, autant dans le quotidien, on peut penser aux bons moments passés dans la nature.
En fait on arrête pas de faire des allers-retours en pensée.
Je me dis que sur les sentiers on fait le point aussi… et puis on se défoule en dépensant de l'énergie de façon agréable.
Merci pour le témoignage

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il y a 8 ans 6 mois #38265 par Edelweiss
Edelweiss a répondu au sujet : Re:Dilème du marcheur
Hello N,

je ne suis pas une adepte des forums mais je te réponds,tu va te dire c'est une extraterrrrrrrrr!:P

Moi,
donc montagnarde dans l'âme depuis longtemps mais une vrai Vertacomicorienne:huh: de là haut depuis quelques années seulement.

Pour connaître un peu la région,j'ai fais pas mal de randonnées avec le CAF de Grenoble,de belles ballades à la journée ou sur plusieurs.
Mais en prenant un peu d'expèriences de la montagne je me suis aperçue que de sortir avec des groupes cela ne me convient plus du tout.
Pourquoi?
1°Et bien les groupes sont trop importants et trop bruyant!
Inutile de voir les animaux dans ses conditions!

2° je suis une fille très cool et je ne vais pas en montagne pour parler chiffons ou d'intel...
je m'en fiche complètement de tout ça, et pourtant je suis une fille de la ville.
J'ai vraiment trouvé mon bonheur en changeant et surtout ne pas être comme tout le monde.
Je vis "normalement",mais diffèremment quand même puisque qu'en montagne nous vivons au rythme des saisons....12 mois d'hiver...le reste c'est l'été(proverbe Canadien!)

Je fais pas mal de sports et y trouve mon compte.
Certains états d'esprits m'indiffère complètement que je fuis.Si tu vois ce que je veux dire?(sports/montagne/nature)

Je suis sur la même longueur d'onde avec les belles personnes.
Je ne suis pas une sauvage du tout, au contraire.
Les randonnées en petit comité c'est très bien.:laugh:

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il y a 8 ans 6 mois #38270 par Kulikool
Kulikool a répondu au sujet : Re:Dilème du marcheur
Salut,

Pour ma part :P, je pense qu'ici l'expression "faire le vide", utilisée seule comme ça, ne veut pas dire grand chose. Car il me semble qu'on fait toujours le vide... de quelque chose, ou par rapport à quelque chose.

N.B. : A moins de vraiment faire le vide, et alors on parle de méditation et même si la marche est une activité méditative, je ne crois pas qu'on parle de cela ici. ;)

Tout n'est qu'affaire de contraste. Comme dit Le Pyrénéen, la période de marche est la plupart du temps une parenthèse dans la vie quotidienne, et alors l'occasion de "faire le point" par la prise de recul qu'elle permet. Et surtout parce que la marche aide à se débarrasser un temps du superflu pour n'être qu'avec soi, son corps (je m'occupe de mon corps), son esprit (je passe du temps à méditer), etc. Comme un retour à l'essentiel bien sûr (contenu dans le choix même du mode de locomotion qu'est la marche).

Ceci dit, après une marche de deux semaines ou d'un mois, ce n'est qu'une fois revenu dans "la vie quotidienne" que je peux prendre du recul et faire le point sur ce que je viens de vivre. Je ne ressentirai peut-être pas ce changement (dans ce sens) de façon aussi agréable, car ce sera la fin de ce qui était pour moi le non-habituel, mais pourtant le mécanisme de base est le même.

Encore une fois, je pense que tout est affaire de variation, de contraste (comme en musique et en peinture), donc de référent.
Si la marche devenait mon quotidien nomade, alors ce serait des périodes de sédentarité qui me permettrait de "faire le vide", de "faire le point".
Sans contraste, sans variation : pas de recul, pas de "vide", pas de "point".

Nos désirs sont les pressentiments des possibilités qui sont en nous. - Goethe.
Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles, mais uniquement par manque d'émerveillement. - G.K. Chesterton

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il y a 8 ans 6 mois #38346 par poinclin
poinclin a répondu au sujet : Re:Dilème du marcheur
Salut,

Ce sujet me fait pas mal réfléchir, et ça fait plusieurs jours que j'ai envie d'y répondre sans y arriver, tout simplement parce qu'il faut arriver à formuler ses idées avec des mots tout en se faisant comprendre et que c'est un exercice que je trouve particulièrement ardu.

Pas de théorie générale, juste mon expérience personnelle.

Pour ma part, la randonnée itinérante sur plusieurs jours agit comme un "depoussiérateur". C'est comme si, au fil des jours, à mesure que les pas s'égrènent, mon esprit s'épluchait, un peu comme un oignon.

Au début mon esprit tourne à fond les ballons et je pense à 10 milliards de choses, essentiellement tournées vers mon quotidien et les choses récentes que je viens de vivre.

Au bout de quelques jours, je reviens sur des événements plus anciens, douloureux ou particulièrement joyeux, des projets à faire, des sujets un peu plus profonds, en tout cas des thèmes détachés de mon "quotidien". En parallèle, je pense beaucoup moins en fait, mes pensées sont plus posées, et souvent d'ailleurs, je ne pense qu'à mon prochain pas, voire même à rien, je suis dans l'action.

J'ai donc vraiment l'impression de me détacher du quotidien quand je pars comme ça, mais c'est uniquement petit à petit, le temps de nettoyer les couches superficielles et de pouvoir les mettre de côté. De prendre du recul en fait.

Je trouve qu'avoir, comme tu l'indiques natrilha, des conversations sérieuses, intimes, désinvoltes, sur des sujets profonds ou pas, en particulier avec des gens qu'on vient tout juste de rencontrer, rien que de prendre le temps de le faire, est justement une expression forte de la sortie du quotidien.

Pour répondre à la question de départ, je ne pense pas qu'il y ait un dilemne du randonneur. Je ne suis d'ailleurs pas sûr que les gens partent pour ne penser à rien, mais plutôt pour penser à autre chose ou en tout cas d'une autre façon. On peut continuer à penser au "quotidien" (mais la définition du "quotidien" n'est peut-être plus la même à ce moment là) tout en s'en étant extrait.

Julien

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il y a 8 ans 3 mois #39478 par dandpz13
dandpz13 a répondu au sujet : Re:Dilème du marcheur
Beaucoup de points communs avec Edelweiss et Julien. J'ai un métier assez stressant et, tous les Samedis, en général seul, je vais faire un peu le ménage dans ma tête. L'effort soutenu, la beauté des paysages et des quelques animaux rencontrés (il y a peu des chamois dans les gorges du Verdon), tout cela me recentre sur des valeurs auxquelles je crois profondément mais que mon métier me fait hélas oublier.
Les randos de la semaine, c'est autre chose. J'y vais de plus en plus pour, en plus de la marche de la journée (voir ci-dessus), discuter le soir au gîte avec des personnes qui, totalement différentes de celles que je côtoie habituellement, sont le plus souvent habitées par une passion. J'ai la chance de pouvoir échanger en anglais ou en allemand et j'ai ainsi fait des rencontres d'une soirée, rarement deux, où une personne, sans doute parce que vous ne la reverrez jamais, vous fait entrevoir avec simplicité l'unicité et l'extraordinaire itinéraire d'un vie humaine. Et ça, ça m'émerveille autant qu'une Cathédrale ou un tableau de J Bosch.
Les paysages, je les ai surtout en photo et dans la tête pendant quelques jours. Les personnes rencontrées y demeurent beaucoup plus longtemps.
Amicalement
Daniel

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il y a 8 ans 3 mois #39659 par LittleMissSunshine13
LittleMissSunshine13 a répondu au sujet : Re:Dilème du marcheur
D'accord avec vous dandpz13. En ce qui me concerne, je préfère randonner avec des personnes que je ne côtoie pas au quotidien afin d'éviter les sujets de conversation qui nous irritent pour laisser la place à d'autres beaucoup plus constructifs. Il m'arrive souvent de prendre du plaisir à papoter en marchant, de refaire le monde, mais j'apprécie aussi le silence & le chant des oiseaux :) .

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il y a 8 ans 3 mois #39661 par Edelweiss
Edelweiss a répondu au sujet : Re:Dilème du marcheur
Bonjour,

ça change des CAF ou les personnes parlent de leur semaine et de choses banales!!!quelle horreur! :woohoo:
Autant rester chez soi car je ne trouve pas cela constructif ni enrichissant et un grand manque de convivialité...

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il y a 8 ans 3 mois #39664 par dandpz13
dandpz13 a répondu au sujet : Re:Dilème du marcheur
Bonsoir,
Bien d'accord avec vous deux. La rando me permet de vivre le reste de la semaine (qui en soi est également mais très différemment passionnante) avec plus de sérénité (je ne sais pas si collaborateurs utiliseraient ce mot). Et donc soit je suis seul et je ne risque pas de parler de la semaine passée, soit j'écoute les choses intéressantes qu'ont à dire les personnes avec qui je marche. J'apprends ainsi plein de choses sur la nature, les plantes, la région ou les vieilles pierres que nous rencontrons ou encore les visites intéressantes, musées, musique etc ... faites par l'un(e) ou l'autre et que je ferai peut-être
Rassurez vous, je ne suis pas muet, je parle aussi :laugh: et quelquefois sans doute trop :silly: .
Mais je ne randonne plus dans les groupes associatifs car trop de nanas (moins les hommes) passent leur rando à parler de leur voisine ou de leur collègue de travail (et quand je dis parler, je suis gentil), sans même jeter un œil au paysage ou aux fleurs magnifiques que l'on rencontre dans nos collines.
Amitié à toutes les deux et, dans de telles dispositions, peut-être à un de ces jours pour une rando.
Daniel

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Modérateurs: Fabien78
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