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Un tour du Queyras Sud Est

​Une histoire de randonnée de plus, celle-ci concerne une façon d'explorer le Queyras dans sa partie Sud Est en 4 journées de marche. 

La totalité de ce trajet peut être suivi sur la carte IGN Top 25 Saint-Véran Mont Viso. 

Prologue

Un strasbourgois, une lyonnaise et une grenobloise dans une décapotable filent les cheveux aux vents vers les Hautes Alpes, direction Saint Véran, point de départ de notre randonnée. Arrivée à Saint-Véran (le plus haut village de France, 2040m d'altitude) vers 20h: il pleut. Beaucoup. On s'équipe pour la pluie et en route, objectif : trouver rapidement un endroit plat pour bivouaquer. On trouve rapidement l'endroit idéal pour s'installer, on monte la tente à la frontale sous des trombes d'eau et là, une fois la tente montée : la pluie s'arrête brutalement. Ca nous permet de prendre l'apéro de début de rando tranquillement sous les étoiles, en goûtant au passage deux bières brassées par Nico : la Criotte, bière acide à la cerise brassée avec des levure de cidre qui sentent le crottin, d'où son nom qui résulte de la contraction de Crottin et de Griotte) ainsi qu'une bière encore non baptisée, à la rhubarbe. 

Jour 1 : Saint-Véran jusqu'au Lac Baricle par le Col de Chamoussière (2884m), le pic Caramantran (3025m) le refuse Agnel (2580m) et le Col Vieux (2806m).

Dénivelé positif total : 1250m

Début de première journée radieux sous un grand soleil. Mais très vite c'est la tristesse et le désespoir : abandon de la grenobloise de l'équipe qui souffre du genou. 

L'aventure continue donc à deux, à l'assaut du col de Chamoussière, premier col de notre périple. Arrivée au col : on pose les sacs le temps de monter jusqu'au pic de Caramantran à 3025m d'altitude, complètement dans la brume. On n'aura pas la vue, mais on aura dansé le mia à plus de 3000m d'altitude. Méfait accomplit. 

S'ensuit une descente embouteillée vers le refuge Agnel qui se finit sous la pluie. On s'abrite au refuge le temps d'être tentés par les bières pressions de la brasserie Artisanale de Serre-Ponçon... mais il nous reste de la route et le ciel s'éclaircit :on repart. 

On passe le col Vieux sous un temps mitigé avec une nouvelle averse au passage du col qui sera à nouveau de courte durée. On amorce la descente vers les lacs au sec. On passe le lac Foréant puis l'Egorgeou. Sur les conseils d'une habituée (organisatrice de promenades à dos d'âne) on poursuit la route jusqu'au lac Baricle, un peu en dehors du sentier du GR58 pour poser la tente tout au bord du lac, en regard d'un dernier petit névé. Après un bon (et très froid) bain pour se débarbouiller au milieu des poissons, on sèche au soleil en appréciant la soupe du soir avant de se poser dans la tente pour une petite lecture de Dracula avant de s'endormir... 

Jour 2 : Lac Baricle jusqu'à Valpeyvère via le col Lacroix (2299m), le refuge Jervis (1700m) et le col d'Urine (2525m) 

Dénivelé positif total : 1400m

​On débute cette journée par la descente vers l'Echalp sous le soleil, avec un paysage absolument grandiose. 

L'ascencion du col Lacroix débute très fort par des lacets serrés en plein soleil qui se poursuivent par des pentes tout aussi exigeantes dans les sous-bois. La plupart du dénivelé est avalé dans les premiers kilomètres ce qui laisse le plaisir de profiter de la fin de l'ascencion et des paysages sur des pentes douces. L'arrivée en haut du col marque la frontière avec l'Italie et on amorce alors la descente dans un ambiance du sud des plus agréables. 

La descente nous mène dans une vaste vallée au milieu de laquelle se trouve le refuge Jervis, imposant mais agréable, littéralement plein à craquer de familles en train de déguster des polentas. De notre côté, il nous reste une ascencion plutôt intense pour l'après-midi, on remplit nos poches à eaux, on achète une petite bière italienne (Moretti originale blonde, à boire en bonne compagnie !) à déguster ce soir et on est reparti ! 

L'ascencion du col d'Urine est terriblement exigeante. Une première partie dans les bois nous amènent dans un paysage très rocailleux où l'on croise un grand troupeau de mouton et son berger. On aperçoit le col au loin mais il semble terriblement loin. Après un long effort on arrive enfin... à un simple replat qui cachait le vrai col, encore plus loin. La déception est compensée par la vue : un très joli torrent dans un pierrier de roches blanches. On repart les jambes lourdes en se disant que l'effort n'est plus très long... mais ce qu'on pensait être le col n'est à nouveau qu'un replat... on va finir par perdre espoir ! 

Après un ultime effort on arrive finalement en haut du col, complètement dans la brume... On avait ouï dire qu'il y avait des chamois et des mouflons au passage du col, c'est bien dommage... Au col, on repasse en France après cette très brève excursion en Italie. On descend ensuite la montagne d'Urine pour croiser en bas le torrent d'Urine (véridique !) jusqu'à arriver à Valpeyvère. 

A Valpeyvère : pas vraiment de possibilité de Bivouac car il s'y trouve un grand camping... On n'a plus les jambes pour attaquer la montée vers le Roux et on décide donc de rester au camping pour ce soir. 

Au camping : après une excellente douche chaude, on déguste la bière italienne ainsi que le brassin éphémère Dahu de la brasserie La Tourmente, bien méritées, dans les odeurs de feu de camp (qui sont autorisés dans ce camping, chaque emplacement ayant un petit âtre prévu à cette effet !). On prend la tisane du soir sur des gros rochers au milieu du torrent qui longe le camping et on s'endort après avoir un peu avancé dans notre lecture du vampire des Carpates. 

Jour 3 : Valpeyvère jusqu'au Lac Malrif en passant par le col des Thures (2797m) et le col du Rasis (2921m)

Dénivelé positif total : 1600m

La journée débute par un petit chemin assez pittoresque à flanc de colline pour rejoindre le hameau de Le Roux (1700m) avant d'attaquer l'ascencion du col des Thures. L'ascencion débute par un large chemin ombragé, idéal pour chauffer les jambes de bon matin. En sortie de bois, on se retrouve dans des alpages très pentus et il s'ensuit environ 2h30 de grimpette sur des lacets très serrés et des pentes exigeantes sans la moindre ombre, sous un soleil de plomb. Arrivés en haut : on n'est vraiment pas déçu : la vue de la vallée d'où nous venons est splendide, la vue de la vallée que l'on découvre en face de nous l'est tout autant. A cette hauteur, le paysage est tout de même aride : très pierreux, un peu d'herbe... De là on nous sommes on voit la suite de ce qui nous attend : la traversée d'un pierrier qui nous semble bien périlleuse et glissante... On décide donc de repartir avant de déjeuner pour passer cette difficulté... qui s'avère être en fait un chemin parfaitement facile, fait de grosses pierres qui ne menacent pas du tout de glisser. Aucun souci à se faire donc et on arriver après ce pierrier au col du Rasis, point culminant de la journée. 

Au col, il fait froid et le vent souffle et on amorce directement la descente qui nous mène vers le lac du Rasis, très sombre puisqu'exclusivement entouré de roche. On retombe ensuite sur un alpage plutôt agréable ou on s'arrête pour manger un bout avant de se diriger vers le col du Malrif. 

Le chemin croise à nouveau des pierriers où l'on finit par perdre la trace du GR (variante 58D) parmi tous les chemins tracés par les passages de mouton... On garde le cap en tentant de se maintenir à altitude égale (ce qui semble être le cas sur la carte) mais pas moyen de retrouver le sentier. On voit au loin une cabane de berger vers laquelle on se dirige pour demander notre chemin... c'était sans compter sur le patou qui veillait sur le troupeau de mouton et qui nous a chassé dans l'autre direction soit tout droit vers la crête. En désespoir de cause on monte droit vers la crête sur un sol schisteux peu accueillant et on finit l'ascencion façon escalade avec les mains et les pieds (rétrospectivement, avec le poids des sacs on peut considérer que c'était une 4A...) en espérant qu'on trouvera un terrain accueillant en haut car la perspective de devoir refaire cette partie dans le sens inverse ne nous semble par bien engageante... 

Arrivés sur la crête : pas la moindre trace de chemin mais l'on voit au loin un chemin bien large sur lequel se trouvent plusieurs randonneurs : ce n'est peut être pas le bon mais au moins c'est un chemin. On se dirige droit vers lui à travers des pentes qui mettent nos chevilles à mal et des marécages un peu piégeux. On finit par rallier le sentier... qui s'avère être le sentier du GR classique (GR58 donc), on est à 1300m d'altitude et les lacs vers lesquels nous devions initialement descendre se trouvent donc 300m de dénivelé au dessus de nous ! 

Avec l'énergie donné par la joie d'avoir (enfin!) retrouvé un chemin, on repart et on arrive au magnifique Lac Malrif. Là, on pose le bivouac. Il y a déjà un autre randonneur qui a posé sa tente, rapidement suivi par un couple de randonneur, puis trois autres qui arrivent plus tard, puis une bande de 5 scouts et enfin 4 marcheurs à la tombée de la nuit. On a beau bivouaquer à 2600m d'altitude, on n'est vraiment pas tout seuls. 

Après avoir échangé du sel contre un sous-bock (les scouts faisaient leur fameux troc'pomme), on fait bouillir de l'eau du lac pour remplir nos poches à eaux pour le lendemain avant d'aller rejoindre la transylvanie puis de s'endormir. 

Jour 4 : Lac Malrif jusqu'à Saint Véran via Aiguilles, Ville-Vieille et Molines-en-Queyras. 

Dénivelé positif total : 1000m

Lever à 6h pour admirer une splendide aube rose sur la vallée complétée d'une brume à couper au couteau sur le lac (n n'aurait pas deviné qu'il y avait un la alors que la tente était à même pas 10m du bord). 

La descente vers Aiguilles est plutôt agréable mais la fin est assez casse-patte et pas moyen d'utiliser les bâtons tant la végétation (genevrier surtout !) est dense. On arrive à Aiguilles au son des coups de 9h : on croise une boulangerie et on ne résiste pas à l'appel du sendwich au jambon ru (après 4 jours de semoule et de soupe, quel bonheur!). Le village d'Aiguille est vraiment très charmant et on s'attarde un peu le temps de remplir nos poches à eaux dans la fontaine du village. On part ensuite vers Ville-Vieille en suivant le GRP de la Dent du Ratier, la montée initiale est raide mais courte puis on amorce une descente très agréable dans un paysage rappelant les alpes Suisse et la Comtée. Distraits par le paysage et les champignons qui pullulent autour de nous, on manque une croix rouge et jaune sur un arbre et on s'engage sur le mauvais chemin qui nous mène à un torrent. On essaye plusieurs chemin qui nous semblent tous peu convaincants, truffés d'arbres abattus par la foudre que l'on doit escalader... On finit par rebrousser chemin et se rendre compte de notre erreur... on est repartit pour la descente et on arrive rapidement à Ville-Vieille, nettement moins charmant qu'Aiguilles. Un nouveau petit bout de sandwich et on repart! 

On amorce l'ascencion du sommet Bucher avant de tourner sur la gauche pour suivre le chemin jaune de PR (le marquage manque un peu à cet endroit), direction la demoiselle coiffée ! On marche sur un large sentier de combe qui est une piste de ski de fond l'hiver... jusqu'à tomber sur un chemin défoncé au buldozer... plus la moindre trace de marquage.. Après nos expériences des deux derniers jours, on n'a pas très envie de se perdre à nouveau.. On s'avance un peu et finalement on retrouve la marque du PR qui nous amène jusqu'à la Demoiselle coiffée, vraiment splendide. On suit ensuite les gorges de la Rua jusqu'au bout de notre chemin qui nous mène sur la départementale à l'entrée de Molines-en-Queyras. On suit ensuite ce cours d'eau jusqu'au Pont du Moulin pour entamer l'utime ascencion vers Saint Véran où l'on retrouve la voiture... et la pluie ! 

On finit notre périple par un super apéro avec des fromages de la région, du saucisson et des tourtons qu'on déguste dans le joli camping de Pierre Grosse après une bonne douche, sous un ciel menaçant mais avec un double arc-en-ciel. La soirée sera cloturera par une dégustation de bières artisanales à l'Arrache clou, le bar de Pierre Grosse où l'on découvre un barman passionné et un choix de bière alléchant ! 

Dernière nuit sous tente au bord du torrent... Pas de Dracula ce soir, on est trop fatigués. 

Epilogue

Dernier lever à 7h. On passe à la boulagerie du village prendre des viennoiseries et des bons cafés avant de s'élancer vers le Nord. Il fait beau, on décapote la voiture et on profite à fond de toutes les montagnes sur le trajet. 


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Commentaires

le gardien le mercredi 29 août 2018 16:28

merci pour ce beau récit et les photos

merci pour ce beau récit et les photos
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Invité
mercredi 23 janvier 2019
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