Le Blog de Oliviergrenoble

Pour l'instant je vous propose 3 blogs :
- Un trek de 8 jours en Turquie sur la voie Lycienne ( donc en bord de mer)
- Les possibilités de traversées du Vercors (page en cours de construction)
- La présentation du Haut Buëch et de ses possibilités de ballades ...
Taille du texte: +

NEPAL : KALA PATTHAR et Camp de Base de l'Everest

Encore un blog sur ce trek ! Pourquoi ? Disons pour partager mes impressions avec mes proches et, tant qu'à faire, avec d'autres qui y pensent ± y aller … pour les encourager à y aller (si la foule ± relative ne leur fait pas peur) ou à aller ailleurs (s'ils cherchent des régions où la culture traditionnelle est +/- conservée) … Précision ce trek r...

Encore un blog sur ce trek ! Pourquoi ? Disons pour partager mes impressions avec mes proches et, tant qu'à faire, avec d'autres qui y pensent ± y aller … pour les encourager à y aller (si la foule ± relative ne leur fait pas peur) ou à aller ailleurs (s'ils cherchent des régions où la culture traditionnelle est +/- conservée) … Précision ce trek remonte à 2011 donc des choses ont pu changer ( tremblement de terre hélas !) mais pas trop les montagnes je pense …. 

Notes techniques : je fais une présentation en étapes de plusieurs jours ( à vous de voir comment les découper avec les lodges relativement nombreux). A chaque fois je marque le nombre d'heures de marche mis, le total des montées (=M) et des descentes (=D), attention les chiffres sont comptés grosso-modo. Ceci dit vous avez du bol : sur ma carte les altitudes sont en mètres et pas en pieds ! 

Question itinéraire : il y deux possibilités classiques : faire l'aller-retour directement au Kala Patthar pour les gens pressés (mais pas trop à cause du MAM !), ou faire « le crochet » par Gokyo et rejoindre l'itinéraire par le Col du Chola : ça a été notre itinéraire, décrit ici… mais il faut savoir qu'à 2 jours près on n'aurait pas pu passer le col à cause d'une bonne chute de neige ! Il y a aussi la possibilité de variantes, moins fréquentées et belles, à l'aller et au retour : je vous laisse voir ça avec votre guide ...

Le MAM ( Mal Aigu des Montagnes) : ça va de la nausée ou maux de tête (1° signes) en passant par l'insomnie (vu qu'on respire moins bien en dormant) et ça peut aller jusqu'à l'œdème du poumon et au coma qui mènent à la mort !  A noter que ce mal n'a aucun rapport avec la forme physique : on peut être très sportif et gravement atteint...

Remède : Le seul vrai remède curatif c'est de descendre vite (dès les 1° signes !) à une altitude la plus basse possible (jusqu'à la disparition des symptômes). L'équivalent rapide c'est le caisson hyperbare : sorte de sarcophage gonflable dans lequel on recrée une pression équivalente à celle des basses altitudes, ce qui sort rapidement le malade du coma … mais n'empêche pas de devoir le faire descendre vite ! (problème du caisson : c'est lourd...) 

Prévention : certains sites vous parleront du Diamox® : à voir avec votre médecin, mais en toute hypothèse ça ne doit pas remplacer une montée progressive (on en vend dans les lodges, mais je ne vous garantis pas que ce ne soient pas de mauvaises copies !). Ma pharmacienne m'avait conseillé la coca en homéopathique : partant du principe que ça ne peut pas faire de mal j'en ai sucé consciencieusement tout du long et ça ma réussi : effet placébo ou pas, à vous de voir ! La vraie prévention c'est l'acclimatation, c'est-à-dire de marcher lentement et, surtout, d'augmenter que peu à peu les paliers nocturnes (d'où nos étapes assez courtes à l'aller). Vu la gravité du MAM je vous mets deux liens vers des sites réputés sérieux, mais faites-vous bien conseiller ! 

http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2001/mag0706/dossier/sa_4254_mal_montagnes

htm http://www.trekmag.com/conseil-dossier-mal-aigu-montagnes-mam

PRÉSENTATION DU TREK

Paysages : c'est super beau … mais, question dépaysement, j'ai été un peu déçu (un peu, juste un peu !) dans la mesure où ça ressemble, quand même, pas mal à l'Oisans, juste derrière chez moi ! Bon, un Oisans au carré, voire à la puissance 7, car ici les faces sont incomparablement plus hautes, les glaciers incomparablement plus longs, et, surtout, car les marches d'approche se comptent en jours et pas en heures, et tant mieux car, en fait, le trek n'est jamais que la marche d'approche pour l'Everest, ou d'autres sommets «secondaires» (entre « », car implantés en Oisans ils y auraient la vedette !). Mais ici point de paysages pelés super désertiques (qui m'auraient bien plu), comme dans d'autres coins plus à l'Ouest, au Ladakh ou au Zanskar (enfin d'après les photos vues, car je n'y suis pas allé !) 

Difficultés : il n'y a pas d'autres difficultés que le souffle qui se fait de plus en plus court en montant et, donc, le temps à prendre pour l'adaptation à l'altitude pour éviter le MAM qui peut aller jusqu'à la mort, comme le rappelle un panneau à la sortie de Namché Bazard ! En pratique on est tout le long sur des chemins bien tracés et assez larges (faire quand même attention lors d'un croisement de caravanes de yacks, ou de dzos, de se mettre en amont pour ne pas être basculé dans la pente !). Nota : pour le Chola il a une partie franchement montagnarde +/- hors sentiers (dont deux glaciers). Sinon l'itinéraire est assez facile à trouver, car il n'y a pas des sentiers dans tous les sens, du coup mon guide me laissait facilement partir seul devant … J'en profitais pour attendre le reste de la petite troupe à un point de vue (facile d'en trouver des spectaculaires par ici !). On avait un guide et des porteurs, mais pas mal de jeunes faisaient ça en autonomie (en suivant les autres !). Mais vérifiez si c'est encore autorisé …

LA VIE EN LODGE

  Comme les étapes ont été assez courtes ( à l'aller pour éviter le MAM, au retour car on été pas pressé de retrouver la vie trépidante des villes), et comme, de plus, on partait tôt pour bénéficier au maximum du beau temps avant les nuages (qui, en fait, ont été rares), on a passé pas mal de temps en lodge.

Qu'y fait-on ? : on boit du thé (beaucoup !), on discute de l'étape du jour et de celle du lendemain, mais on peut aussi lire (prévoir un livre écrit petit pour le rapport poids / temps de lecture), on peut aussi jouer aux cartes (nous avons appris à notre guide et à notre porteur, qui c'est joint timidement à nous, à jouer au barbu … et ça les a beaucoup amusé et ils riaient quand ils perdaient : avaient-ils bien compris la règle ou est-ce le caractère népalais?).
Question repas : les petits déjeuners sont résolument marqués par l'influence US (pour moi des pancakes au miel), les autres repas sont à base de pâtes ou de riz assaisonnés de petits morceaux de légumes et d'œuf ou, grand luxe, de thon en boite (à noter que les carnivores ne seront pas à la fête, influences bouddhistes et/ou hindouistes obligent !); on sert aussi du riz blanc accompagné de soupe aux lentilles : le « dal bhat », plat national : avantage pour ceux et celles que la marche a affamé/e/s : traditionnellement ce plat est resservi à volonté jusqu'à satiété !
Question chauffage : le carburant utilisé est la bouse de yack séché : ça chauffe vite et fort, mais ça brule vite et dure peu, aussi la température est plus ou moins vive selon la cadence de remplissage du poêle, et donc suivant les endroits : là où on a eu le plus chaud c'est dans notre lodge le plus haut à 5140m, mais il faut envisager le cas de figure où la tenancière du lodge, prise dans un élan hygiéniste, ouvre toutes les fenêtres à 7H du matin pendant le petit déjeuner ! Sinon les chambres ne sont (bien sûr !) pas chauffées : prévoir un couchage bien chaud !
Question toilette : on peu acheter là où il n'y a pas de douches ( qui sont très rares) un saladier d'eau chaude pour ce faire une touillette de chat dans sa chambre (prévoir un gant et un savon pas trop moussant) : c'est étonnant mais on se lave très bien avec un litre d'eau !
Question langues : Tous les tenanciers, qui sont souvent des tenancières, parlent relativement bien anglais ( j'ai pas pu trop pu juger car je le parle très mal, mais mes coéquipier/e/s se faisaient comprendre sans mal), mais cela ne vous empêche pas de les saluer en népalais en arrivant : « namasté » (pas très dur à dire !). À noter que le français est ici un langage inconnu...

1° ÉTAPE : LUKLA – NAMCHE BAZARD

1,5 J + 1J d'acclimatation / 8H / M=1350m / D=750m

Étape en deux parties

1°) La remontée d'une vallée pas très raide mais avec un cheminement tout en redescentes et remontées… sans oublier les fameux ponts suspendus bringuebalants sur lesquels il faut apprendre deux choses : marcher souplement, genoux fléchis, et, surtout, ne pas s'engager quand il y a une caravane de yacks, ou de dzos, à l'horizon, car devinez qui a le dernier mot en cas de collision… 

2°) Une montée très raide sous Namché bazar que j'ai fait ± au rythme d'un jeune porteur super chargé qui semblait avoir du mal à grimper son chargement et s'arrêtait souvent, posant son chargement sur un court bâton en T intelligemment étudié pour soulager un moment son dos : je l'ai plaint, et je ne suis pas allé tellement plus vite ... avec mon sac ne dépassant pas les 6kg ! A noter que, même si elles sont plus rares, les femmes aussi se coltinent le portage : bravo à elles...

Question paysage : c'est très boisé avec, autour des villages implantés sur des replats, de petits champs (plutôt des jardins). Puis, juste sous Namché Bazar, on sort d'un coup dans les pâturages et le paysage s'ouvre… Mais le dépaysement est, quand même, là tout le long du chemin, avec le style des lodges, assez colorées, les autres habitations beaucoup plus sobres, les moulins à prières à tourner à la main ou par des ruisseaux (relativement déglingués ceux là : la religion serait-elle en déclin ou c'est parce que c'est "de la triche" de laisser l'eau prier à notre place ?) et les stupas, ou plutôt les chörten puisqu'on est en zone de culture ± tibétaine (édifices ± en forme de cloche avec, particularité locale, des yeux sur les 4 faces) : attention il faut les contourner par la gauche, sinon gare à l'ire du Bouddha ou des démons… 

A le faveur d'un alignement de la vallée favorable la haute montagne se laisse deviner : ça me stimule à grimper pour y être à fond mais c'est encore bien loin ....

Autre dépaysement : les mulets des Alpes ( là où il y a encore des mulets !) sont ici remplacés par des yacks ou des dzos (croisement entre des yacks et des taureaux ou des vaches, réputés plus dociles, mais, vu la taille de leurs cornes, je n'ai pas vérifié en les chatouillant sur les naseaux, n'étant pas sûr de bien les distinguer !). Plus tard nous aurons l'occasion de gouter du fromage de yack (en fait de yack femelle donc de dri ou nak, selon la langue...) : un genre de gruyère fruité, un peu fort mais très bon à mon goût…

3° partie : le lendemain,comme il est recommandé de rester 2 nuits à Namché pour commencer en douceur l'acclimatation (on est déjà à 3440m), on en a profité pour faire une boucle ( bien raide au début !) aux villages au-dessus, au passage on croise des gentianes bicolores et des pins aux cônes bleutés, ce qui ajoute au dépaysement, (du moins pour les apprentis botanistes comme moi). En haut on fait une pause thé «obligatoire» à une thea-room : c'est très touristique, comme son nom le laisse deviner (Restaurant Everest Vieuw), mais on a de belles vues sur les sommets alentours, en particulier l'Ama Dablam (parait-il un sommet fameux … dont j'ignorais totalement l'existence !) : pas mal ! je commence à me sentir arrivé dans le pays des très  hautes montagnes : vivement la suite...

2° ÉTAPE : NAMCHÉ BAZARD – GOKYO PEAK

3 J / 14H / M=2700M / D=1320m / sommet à 5360m

Il s'agit là de remonter une longue vallée assez évasée et pelée donc agréable à parcourir. On part à flanc, puis on traverse une petite forêt dans laquelle on a croisé des genres de chevreuil sans bois ( des chevrotins?), bon je ne vous les garantis pas car il sont rares et timides ! On va de hameau en hameau en traversant des « prés de fauche » pour le fourrage, ne vous attendez pas à marcher dans l'herbe jusqu'aux genoux : tout ça est assez sec et ras ! Mais il faut bien que yacks et dris mangent en hiver !

Un soir et toute une nuit il a neigé : heureusement que le lodge était bien étanche au vent et la salle de vie bien chauffée ! Le lendemain on a marché dans un brouillard donnant un air mystérieux typiquement montagnard à la contrée, sympa quoique frisquet !

En prime le surlendemain on a eu droit au soleil sur la neige : sublime quand on débouche aux bords des lacs Gokyo dans une ambiance pierreuse très haute montagne, même si la zone est très facile d'accès. Le dernier matin on a grimpé ( sans autre difficulté que le souffle court) au Gokyo Peak (nom hybride népalo-britanique ! Il doit bien y avoir un nom local…) : la vue y est superbe et on a la satisfaction morale d'être perché sans grandes difficultés plus haut que le Mont-Blanc ...

3° ÉTAPE : GOKYO LAKE – CHOLA - LOBUCHÉ

3 J (dont 1 engagé) / 15H / M=1200m / D=870m

Ensuite on part pour le Chola (ne pas dire «col du Chola», car «la» veut justement dire «col»). On commence par traverser à plat un large glacier couvert de pierres et de petits lacs de couleurs variées (un très long glacier) c'est sympa ! Puis on chemine dans un joli vallon où de grosses perdrix couleur pierraille picoraient tranquillement au bord du chemin, elles sont vraiment pas farouches : on en verra dans la cour d'un hameau devant un lodge...

Ensuite on grimpe le col : c'est super raide ! Je vous conseille d'y aller lentement bien à votre rythme, ça tombe bien le paysage est superbement sauvage et ça vaut le coup de le contempler à loisir lors de petites pauses. Tôt ou tard, peu importe (si on n'est pas terrassé par le MAM), on débouche au col, la vue lointaine est limitée, mais la vue proche est superbe, car on domine un petit glacier dans une ambiance très alpine.

Prudemment on descend sur la glace en faisant super attention de ne pas glisser, car l'atterrissage se ferrait dans un petit lac gris du plus bel effet, mais probablement glacialement mortel ! Le glacier se traverse sans difficulté, car c'est tout plat et très peu crevassé. Peu après on arrive à un verrou rocheux encombré de grosses pierres où on s'offre une pause, satisfaits d'être passés sans problèmes (ni techniques, ni de neige ni de MAM). Maintenant on sait que l'on va rejoindre tranquillement l'itinéraire principal vers le Kala Patthar (que l'on devrait atteindre sans mal forts de cette expérience). On redevient d'humeur contemplative : la descente se faisant dans un large vallon hyper sauvage et pelé on n'hésite pas à se retourner !

Tôt le lendemain on traverse un ruisseau : il y a une planche étroite en guise de pont, pont que les filles passent allègrement, un de nos compagnons décide de plutôt passer à gué sur de grosses pierres, mais, vu qu'elles sont gelées, il finit les fesses dans l'eau ! Du coup, hyper prudent, je me déchausse et traverse à plat directement dans l'eau glacée, mais sans risque de marcher ensuite le pantalon mouillé, ni de tomber du pont : les secours sont loin … On surplombe à flanc un grand lac et on retrouve l'itinéraire principal qui remonte une longue vallée.

4° ÉTAPE : LOBUCHÉ – KALA PATTHAR
± EVEREST BASE CAMP

1 J ou 1,5 J (dont 1 petit) / 8H30 / M=1050m / D=500m / sommet à 5550m

Temps et dénivelés donnés avec l'aller-retour au Everest Base Camp (facultatif à mon avis). Nuit au lodghe de Gorak shep, mais on peut faire le sommet à la journée depuis Lobuché pour gagner une demie journée et/ou éviter une nuit à 5000m (si on craint d'avoir le MAM en dormant et si on a la fritte)

On remonte un long vallon pierreux (vu en se retournant sur la photo), il longe la très longue langue glaciaire venant, entre autres, de l'Everest : le but est proche ! Ça nous stimule de le savoir, heureusement car c'est un peu monotone. On passe à un dernier hameau d'alpage (celui qui est plus haut ne doit son existence actuelle qu'aux touristes, dont nous...). 

Puisqu'on n'en est pas loin et qu'on a du temps, car le plan prévu est de voir l'Everest le lendemain au lever du jour, depuis le Kala Patthar, on décide de faire, en fin d'après-midi, l'aller-retour au camp de base.

On descend sur le glacier, très pierreux, que l'on remonte jusqu'à un rocher planté au milieu de nulle part sur le glacier, avec l'inscription «Everest Camp Base» : fin de cette exploration ! Ceci pour ménager la tranquillité des alpinistes, des vrais, qui n'ont pas envie d'être reluqués comme des bêtes de foire par le badaud moyen ( je les comprends !). Du coup, à mon avis, même si le but est mythique, ce crochet a un intérêt modéré, d'autant plus qu'on a les mêmes vues depuis le sommet : donc si vous êtes justes en temps vous pouvez vous en abstenir. Bon ceci-dit je me fait faire quand même une photo «Moi et le Camp de Base», ça m'évitera de prendre la grosse tête demain avec une photo  "Moi et l'Everest" ! (et puis ça vous donne l'échelle du rocher même pas si gros que ça).

Le lendemain, malheureusement, un d'entre nous n'a pas réussi à suffisamment dormir à si haute altitude et ne se sent pas de monter (malheureusement ou heureusement ? Car finalement j'ai apprécié d'être au sommet plus tard, une fois le froid parti). On retourne donc se coucher pour lui donner une chance d'être assez en forme pour arriver au sommet (et il y arrivera, bravo à lui !). Du coup on se met en route avec le lever du jour, mais toujours à l'ombre et donc par une température glaciale (genre moins vingt degrés). Bien couverts, et petit à petit réchauffés par l'effort, on affronte ce froid transperçant.

Miracle : on arrive au sommet au moment où le soleil s'y pose : super timing qui va nous donner le temps de nous attarder à admirer le paysage somptueux (je vous le recommande donc ce plan). Nota : de l'Everest on aperçoit que la cascade de glace basale (visible du fameux rocher) et la pointe sommitale, le reste étant caché : à mon avis ce n'est pas époustouflant comme vue sur ce sommet mythique, mais on peut s'imaginer transporté au sommet de la Terre à 8848m en pensées : c'est pas si mal ! En plus les alentours sont splendides : sommets, lacs, glaciers et pierriers à n'en plus finir : ça vaut le coup de s'y attarder... 

5° ÉTAPE : GORAK SHEP – NAMCHÉ BAZAR

3 J / 12H30 / M= 900M / D=2460m

À partir de là le plan est simple : descendre et encore descendre … en tout, jusqu'à Lukla, près de 4000m ! 4000m qui plus est entrecoupés de 1650m de remontées environ : ça reste sportif ! Nous laissons la partie « alpinisme » du trek derrière nous, après en avoir bien profité et pris plein les yeux ! Toutefois l'Amadablam de retour nous tiendra compagnie un long moment du haut de ses 6685m. Mais, à partir de là, l'esprit curieux, nous allons surtout nous consacrer à observer la vie des gens d'ici … 

Une fois descendus du Kala Patthar, et après un deuxième petit déjeuner réparateur, on entreprend une longue descente, l'objectif étant de dormir 1000m plus bas que la nuit précédente, pour bien récupérer à l'abri du MAM. On relonge la moraine du glacier venu de l'Everest, puis on coupe plus ou moins hors sentiers, dans des alpages pelés et sauvages, finalement on arrive à un hameau dans un fond de vallée plat. Avant la tombée de la nuit on s'offre un dernier regard sur les hautes montagnes qu'on laisse derrière nous … 

A partir de là, vu qu'on a du temps devant nous, on va lambiner les yeux grands ouverts au spectacle de la vie sherpa. On revient dans la zone des cultures avec, en cette saison, les champs dénudés (si j'ai bien compris surtout de l'orge et des patates), on croise des yacks chargés de fourrage (l'hiver doit être long !), on voit en passant une femme en train de traire une dri ou nak (nom au choix, selon votre langue locale de prédilection = une femelle yack) et on croise quelques-uns de ces placides bestiaux en liberté. De temps en temps on traverse quelques zones de « forêt » (en fait des buissons d'arbustes et des pins par bosquets), ça nous repose des zones désolées de pierrailles...

On traverse des hameaux aux maisons austères, mais dont certaines s'ornent de quelques boiseries peintes et on remarque des bouses plaquées contre un rocher au soleil pour en faire du combustible. On croise des enfants en train de jouer avec trois fois rien, dont une petite fille qui remplit un tube de médicament avec de la poussière, assise au milieu du chemin sur des marches en pierres, mignonne comme tout dans son costume bariolé, mignonne, mais avec devant elle une vie, peut être bouddhiquement sereine, mais probablement matériellement pas très facile … 

A propos de vie pas facile : on croise de nombreux porteurs surchargés par des fardeaux les plus incroyables les uns que les autres : bouteilles de gaz (par deux !), longues planches, bouteilles d'eau, fragiles montagnes d'œufs et, même , des quartiers de viande à l'odeur musquée à l'air libre dans une hotte : toute une économie au fils du chemin ! 

Le chemin est jalonné de monuments religieux plus ou moins spectaculaires : pierres gravées de mantras de toutes tailles, stupas/chörtens aux yeux bleus, temples : dans ce paysage qui me rappelle assez les montagnes de par «chez nous» (on peut prendre les yacks pour des vaches à longs poils si on les regarde vite !) c'est ce qui marque de manière la plus nette la différence … 

En effet un temple bouddhique est bien différent d'une chapelle romane ! Surtout dans la version du bouddhisme d'influence tibétaine comme ici, c'est à dire peuplé de démons aux regards furibonds (empruntés à l'ancienne religion bön si j'ai bien compris). L'intérieur des temples est donc surchargé de démons et de têtes de morts dans une débauche de peintures criardes, qui n'est pas, dans son genre, sans rappeler les églises baroques de certaines régions européennes (mais chez nous les angelots tout nus remplacent en général les démons guère plus habillés !). Difficile d'imaginer que cet environnement démoniaque débouche sur la sérénité .... 

Les temples sont ouverts aux visites, même pendant les séances de prières : je n'osais pas trop entrer, mais j'ai découvert des troncs destinés à recueillir nos offrandes et nous incitant à la visite : il faut bien que les moines vivent (hommes et femmes tous et toutes au crane rasé). Après tout, il est normal que les touristes de passage y contribuent ( d'ailleurs la vallée semble surtout vivre, et pas si mal, du tourisme...). Ayant déposé mon obole, discrètement j'ai observé les séances de prières : psalmodisations de textes sur une voix monocorde, frappe monotone sur de gros tambours, jets de riz en offrande : toute une culture à découvrir …. 

6° ÉTAPE : NAMCHÉ BAZARD – LUKLA - KATMANDU

1,5 J (faisable en une traite) / 6H30 / M=750M / D=1350m

Comme on a déjà fait ce trajet à l'aller les yeux grands ouverts par la découverte, on est moins branchés sur le paysage et les monuments : on a l'esprit déjà un peu nostalgique de laisser ce beau haut pays derrière nous (bien qu'on en ait bien profité pendant 15 jours !).

Sinon une surprise nous attend en bas : à cause d'un brouillard persistant les avions ne pouvait pas atterrir à Lukla et ça a duré ! On était sûrs de louper notre vol retour en France et de rester coincer X jours à Katmandou, à la reprise des vols à une date alors inconnue, ou après une marche de 5 longs jours supplémentaires. Du coup cela nous a couté une descente en hélico (à prix d'or et arrachée de justesse !).

Ceci dit, en attendant l'hélico, on a été «invités» (à l'initiative de nos guides) à attendre au chaud dans une ferme au coin d'un fourneau rudimentaire : j'en ai profité pour gouter à la vraie cuisine locale (préparée pour les guides) : thé au lait abondamment salé (ça passe bien si on imagine boire un bouillon !), puis , comme plat principal, une bouillie de céréales insipide au léger goût de sarrasin (orge grillé ?) accompagné d'un genre de fruit vert assaisonné de moult épices : ça arrache la gueule et on a l'impression de cracher des flammes tel un dragon bön ! Mais bon c'est local : ça vaut le coup d'essayer…

Moralité : c'est une bien belle ballade pleine de découvertes, même si l'aventure n'offre pas spécialement de suspens (mise à part le risque de MAM et le risque d'annulation du vol retour !), bien moins que certains de mes treks dans le Vercors ! Surtout avec la formule guide + porteurs + lodges … A vous de voir si ça vous tente !

LES AUTRES BLOGS D'OLIVIER-GRENOBLE

a) Turquie: RANDONNEES EN LYCIE ( = en bord de mer) : 

http://www.rando-trekking.com/carnets-randonnees/entry/650-turquie-randonn%C3%A9e-en-lycie 

b) Italie : DÉCOUVERTE DU PIÉMONT OCCITAN : 

http://www.rando-trekking.com/infos-actu-evenements/entry/1272-italie-randonn%C3%A9es-dans-le-pi%C3%A9mont-occitan 

c) Alpes du Nord : LE VERCORS EN LONG ET EN LARGE : 

http://www.rando-trekking.com/carnets-randonnees/entry/1150-traversees-du-vercors-en-long-et-en-large 

d) Alpes du Nord : TRAVERSÉES des BAUGES et de la CHARTREUSE http://www.rando-trekking.com/carnets-randonnees/entry/1169-bauges-chartreuse-traversees-integrales-en-randonnees 

e) Alpes du Sud : RANDONNEES DANS LA VALLE DU HAUT BUËCH : http://www.rando-trekking.com/carnets-randonnees/entry/923-le-bochaine-en-tous-ses-%C3%A9tats 

f) Alpes du Sud : BARONNIES ET DIOIS : RANDONNEES DE DECOUVERTES : 

=> En préparation après être aller y refaire un tour ....


Notez cet article:
1
Du nouveau du côté de chez Randocroquis
GoPro + accessoires, Mammut, Jeep, Trespass, Peak ...

Sur le même sujet:

 

Commentaires

Pas encore de commentaire. Soyez le premier à commenter
Déjà inscrit ? Connectez-vous ici
Invité
vendredi 15 décembre 2017
Si vous souhaitez vous inscrire, veuillez saisir un nom d'utilisateur, mot de passe et nom.

Image Captcha