Le Blog de Oliviergrenoble

Pour l'instant je vous propose 3 blogs :
- Un trek de 8 jours en Turquie sur la voie Lycienne ( donc en bord de mer)
- Les possibilités de traversées du Vercors (page en cours de construction)
- La présentation du Haut Buëch et de ses possibilités de ballades ...
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ITALIE : RANDONNÉES dans le PIÉMONT OCCITAN

RANDONNÉES ET TOURISME DANS LE PIÉMONT OCCITAN​Le « Piémont occitan » ?? !!! Olivier-Grenoble se serait-il emmêlé les bâtons avec sa géographie et aurait-il mélangé les parlers de l'Italie du nord avec ceux de la France du sud ? Que nenni ! Il existe bien un Piémont occitan, perché au-dessus de la plaine du Po ! En effet assez souvent dans les Alpe...
RANDONNÉES ET TOURISME DANS LE PIÉMONT OCCITAN

Le « Piémont occitan » ?? !!!

Olivier-Grenoble se serait-il emmêlé les bâtons avec sa géographie et aurait-il mélangé les parlers de l'Italie du nord avec ceux de la France du sud ? Que nenni ! Il existe bien un Piémont occitan, perché au-dessus de la plaine du Po ! En effet assez souvent dans les Alpes, comme dans les autres massifs du monde, les frontières linguistiques historiques, et parfois encore actuellement, ne longent pas la ligne de partage des eaux, c'est notamment le cas dans le haut des vallées italiennes adossées à la France.

Le cas du Val d'Aoste est bien connu : il est officiellement bilingue italo-français mais il faut y ajouter la langue traditionnelle de la vallée : le franco-provençal, proche du savoyard, nouvellement enseigné à l'école, sans oublier la petite enclave germanique des Walsers, lovés au sud du Mont Rose. Moins connu des français, mais tout aussi officiel, il y a la situation dans la province de Bolzano, (au sud de l'Autriche), ou coexiste trois familles de langues, toutes trois officielles : des parlers italiens, des parlers germaniques et, dans une moindre mesure, des parlers dits « ladins » (qui sont une forme de langue romane distincte de la famille italienne et proche du romanche des Grisons suisses ou du frioulan dans la province voisine ).

Pour en venir à mon titre, oui il y a une Occitanie italienne : entre le Mont Genèvre et le col de Tende dans le haut des vallées coulant vers le Po, les habitants sont de traditions, de culture et, encore il y a peu, de langue occitane. Même si la langue se perd, ils cultivent leur originalité, sous forme de nombreux centres culturels et de petits musées locaux, sans oublier la signalisation des noms de bourgades sous-titrée en occitan.

Quand vous monterez de la plaine vous verrez vite une frontière, non pas à la langue dans laquelle on s'adressera à vous (qui sera l'italien et aussi parfois le français, assez souvent parlé par ici), mais à l'architecture : en haut les maisons sont en général en pierres grossières, toits en lauzes épaisses compris, le tout du plus bel effet. Vous sentirez facilement que vous passez de la civilisation de la plaine à celle de la montagne. Toutefois, d'après ce que j'ai compris, la limite linguistique ne recoupe pas exactement cette opposition architecturale, mais passe plus bas en général : à vérifier lors de mes prochaines explorations ...

Une caractéristique de cette culture à ne pas louper : des églises aux plus petites chapelles les fresques sont omniprésentes et s'affichent volontiers sur les façades une originalité qui change de l'austérité dauphinoise, mais rappelle la Savoie .... ce qui n'est pas un hasard historique bienn sûr ! Nombreux sont aussi les cadrans solaires aux sentences édifiantes du genre« je compte les heures que tu perds » (assez fréquemment en latin, parfois en français) : une particularité partagée avec les vallées françaises proches.

Quelque mots de présentation sur ces vallées :

Le paysage est très vert : boisé en bas et riche en pâturages en haut, où on rencontre plus souvent des vaches que des moutons, contrairement au coté français. En effet, même en été, l'humidité monte de la plaine du Po et envahit les hauteurs qu'elle arrose assez régulièrement, du coup pour jouir de belles vues, il faut, là plus qu'ailleurs, arriver tôt au sommet (9H, maxi 10H !), donc partir aux aurores … Encore que septembre soit plus clément : si le temps clair s'installe, en général c'est pour la journée, au moins. Les versants sont coupés de rochers et abrupts, et les randonnées assez sportives, d'autant que l'on part souvent d'assez bas. Pour les botanistes : la flore est très variée et riche en espèces endémiques (surtout en juin). Dans le Parco Naturale delle Alpi Maritime la faune sauvage est abondante et peu farouche : marmottes, chamois et bouquetins, sans oublier les oiseaux, papillons et autres criquets aux ailes orange.

Accès :

Du nord au sud : le Mont Cenis (ou le tunnel du Fréjus en-dessous) ou le Mont Genèvre (puis en passant par Sestrière), le col Agnel, le col de Larche (dit « colle della Madalena » par les italiens) ou le col de Tende. Seuls les cols Agnel et de Larche débouchent directement sur les vallées décrites, les autres vallées étant des culs-de-sac routiers (mais on peut très bien y arriver à pieds depuis la France, par de très belles traversées !).

Sinon, en ce qui concerne la rando :

Même si les paysages sont un peu moins spectaculaire que ceux du Val d'Aoste voisin (pas de glaciers, sommets moins hauts) il y a un vaste choix, +/- sportif, selon que l'on part de +/- bas ... et monte +/- haut ! Sachez que ces contrées, comme d'autres plus au nord, sont parcourues par la GTA (Grande Traversata delle Alpi) : le GR5 italien. Ça peut être un moyen sympa de les visiter au long cours, en profitant du balisage (blanc et rouge), des gites d'étape (« posto tappa »), et des ravitaillements …

Pour les italianophones (au moins lecteurs de cette langue) je mets un lien vers un site officiel plein de ressources sur les balades, mais aussi avec des renseignements pratiques :

http://www.turismocn.com/index.jsp

Quelques notions d'italien :

A défaut d'occitan, que je ne parle pas, je vous mets quelques notions d'italien. Comprendre l'italien peut être vous paraitre évident, mais je vous mets quand même l'essentiel pour vous éviter de cafouiller avec les cartes de randonnées et les prestations des refuges et gites ...

Nota : u = ou, e = é, ci = tchi, ce = tché , sce = ché, sci = chi, chi = ki, che = ké, gi = dji et  z = dz ou tz selon les mots ( allez y au hasard, on vous comprendra ...).

A  noter : les sons on, en, an, in ain et un du français n'existent pas en italien où, dans ces cas, l'on prononce indépendament la voyelle suivie la consone n.

  • Buon giorno = bonjour, buena sera =bon soir et buena note = bonne nuit (à votre accent on devinera tout de suite que vous êtes français/e mais ce petit effort linguistique ferra plaisir !)
  • Per favore = s'il vous plait, grazzie = merci et prego = je vous en prie (élémentaire pour ne pas paraitre un/e rustre)
  • En partant on se dit : buena giornatta (en journée), buena serra (l'après-midi) ou buena notte ( le soir), on ne se dit, à la rigueur, a revedirci (au revoir) mais que si on est sûr de se revoir....
  • Sentiero = sentier, strada = route et via = rue (en agglomération)
  • A destra = à droite, a sinistra = à gauche et diritto = tout droit
  • Per andare ? = pour aller ?, per salire ? = pour monter ?, per scendere ? = pour descendre ? (utilisez les infinitifs car, pas de bol, 2 de ces 3 verbes ont un présent irrégulier !) -> d'où : salita = montée et (di)scesa = descente ...
  • ripido : raide et molto ripido ou ripidissimo : très raide (méfiance !)
  • Colle = col, passo = pas/col et bassa = col aussi (voir les «baisses» du Mercantour sud)
  • Lago = lac (pluriel : laghi, dire « lagui »)
  • Monte = mont, cima = cime et, souvent, testa = tête / cime
  • Sotto = de dessous et sopra = de dessus
  • Rifugio = refuge, posto tappa = gite d'étape,
  • Campegio = camping et area campers = aire pour campig-cars (facile ça !)
  • Tenda = tente, machina (dire « makina ») = voiture, campers = camping-car
  • Note = nuit (pluriel noti), pensione completa = pension complète, mezza pensione = demi pension et pernottamento = nuitée seule sans repas
  • Pranzo = repas de midi, cena = repas du soir et colazione = petit déjeuner
  • Prenotare = réserver et prenotazione = réservation
  • Uno = 1, due = 2, tre = 3, quatro = 4, cinque = 5, sei = 6, sette = 7, otto = 8, nove = 9 et dieci =10, mais aussi cento = 100 et mile = 1000  (facile l'italien!)
  • Pour le reste = débrouillez-vous, ce n'est pas si dur que ça de deviner … et puis les quiproquos font partie des charmes des voyages à l'étranger ! D'ailleurs par ici le français est assez souvent parlé dans les installations touristiques, ce qui ne devrait pas vous empêcher de dire quelques mots d'italien ... à défaut d'occitan!).
PLAN DU BLOG :

Les descriptions ce feront par vallées, du nord au sud. Je commence arbitrairement par le val Pelice alors que la zone occitane commence dès le pieds du Mont Genèvre (mais de prochaines explorations me forceront peut être à abbandonner cet a priori : à voir !) Ce site sera évolutif, car en construction en fonction de mes virons dans le coin, virons qui me fourniront informations, coups de cœur et photos. Je dirai quelques mots sur chaque vallée, donnerai quelques conseils touristiques (voire mettrai des liens vers des sites d'info, le plus souvent en italien), donnerai quelques idées de balades (avec grosso modo les horaires en aller-retour que nous avons mis hors pauses), liste non exhaustive (à adapter à votre niveau et expérience) et publierai des photos (juste assez pour vous donner envie d'y aller voir sans déflorer totalement les zones à découvrir) .

1°) LA VALLE PELLICE (pas encore explorée)

Présentation : c'est une petite vallée, fortement marquée pour son histoire religieuse et qui la revendique. En effet cela a été un refuge (clandestin en fait, car ils étaient persécutés) pour les «hérétiques » vaudois venus de France (hérétiques entre " " car bien sûr cette notion est subjective !). Plus tard ils ont adhéré à la réforme protestante, ce qui leur a permis de sortir de leur clandestinité, tout en restant longtemps discriminés. C'est donc le principal foyer du protestantisme italien (très minoritaire en fait dans ce pays hyper catholique).

  • Suite après ma visite…
2°) LA VALLE del PO (pas encore explorée)

​Présentation : c'est une longue vallée très étroite. Elle est principalement connue parce qu'elle donne accès au tour du Viso (itinéraire en boucle très réputé, également accessible depuis le Queyras).

  • Suite après ma visite…
3°) LA VALLE VARAITA
(explorée celle là ... mais surtout en auto !)
:

Présentation : vallée tout en longueur suivant d'un torrent encaissé et offrant quelques beaux villages et hameaux dans son haut.

Accès : Le plus spectaculaire est d'y arriver coté Queyras, par le col Agnel. En profiter, pour les plus sportifs et les plus matinaux, pour monter au Pain de Sucre, attention c'est raide et sur des lauzes glissantes. Le point de vue rapproché sur le Viso est saisissant : j'en parle donc, même si le départ se fait depuis la France.

Info : la route est assez étroite dans des alpages particulièrement pentus au début du côté italien, ce qui ne l'empêche pas d'être assez fréquentée : donc si vous êtes en camping-car attendez-vous à avoir quelques manœuvres de croisement à effectuer …



Si vous n'êtes pas montés au Pain de Sucre, depuis la route en haut vous avez une vue "de rattrapage" sur le Viso, c'est moins sportif et moins spectaculaire mais bon à prendre ! En passant on voit notre premier hameau tout en pierres et en lauzes.

Faites un peu de tourisme !
En bas du col visitez Chianale : c'est typique à souhait ! Aussi vous n'y serez pas seul : c'est un peu le Saint Véran piémontais, mais ça vaut vraiment le coup. On y rencontre des maisons toutes en pierres et en lauzes et nos premières fresques et premier cadran solaire.
Plus bas remarquez un autre village également tout en pierre, perché de l'autre coté du torrent, tout aussi intéressant, quoique délaissé par les touristes (Torrette). Une petite halte à Casteldelfino vaut le coup : c'est une architecture très différente, car cela a été «une ville», plutôt un bourg, en effet c'était le chef lieux de la haute vallée, même si c'est tout petit (en prime il y a beaucoup moins de monde !). Au fait me suis-je trompé un écrivant « Casteldelfino » ? Que vient faire le Dauphin de ce côté des Alpes ? En fait la haute Varaita a fait longtemps partie du Dauphiné et, en particulier, des escartons de Briançon, sorte de presque république qui avait acheté au Dauphin le droit de s'autoadministrer (pour répartir les impôts et autres questions collectives, en élisant des échevins). Il y avait deux autres escartons coté Po (sur cinq) et deux coté français : ne vous ai-je pas déjà dit que la crête, avec tous ses cols qui permettent de la passer assez facilement, du moins en été, n'a pas été une frontière pendant longtemps ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_des_Escartons

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En route on a croisé de nouveaux des cadrans solaires et des fresques extérieures qui méritent un arrêt, même si on en verra d'autres ailleurs...

A noter les sentences des cadrans du genre : "Mortel, sais tu à quoi je sers ? A marquer les heures que tu perds ". A méditer ! D'autant plus que nombreuses sont en français !

Balades (non faites depuis l'Italie, mais j'en ai fait les hauts depuis la France) :

  • Paso di Losetta : dans un long vallon d'alpages pour une vue rapproché sur le Viso. En prime : plein d'edelweiss vers le haut !
  • Col Longet : pour arriver à de beaux lacs (ne pas hésiter à faire le détour par le lago blu).
4°) LA VALLE MAIRA (en attente de visite)

Une seule info dans l'immédiat : il y a de nombreuses églises et chapelles avec des fresques que rejoint un sentier à thème « lo percorso occitano ». Plusieurs organismes vous proposent ce circuit, soit avec un/e guide, soit « en rando liberté » de site en site, avec fourniture des clefs des chapelles si besoin (on vous porte vos bagages de gite en gite). A mon avis ça doit être faisable en autonomie sans passer par un organisme, si on est prêt/e à porter un sac un peu plus lourd et qu'on a le goût de l'organisation et/ou de l'aventure ( genre trouver le gite complet !)… Je n'ai pas encore essayé (mais ça va venir !), ça doit être joli. Il y a aussi la possibilité de monter voir plus haut …

Je vous mets le lien vers le site officiel (en italien) : http://www.percorsioccitani.com/ mais je vous laisse chercher des liens en français vous même, pour vous faire une idée, en tapant " lo percorso occitano", ne voulant pas choisir entre les multiple offres des différents organismes ...

5°) LA VALLE GRANA
(visitée plusieurs fois celle-là, car j'ai un faible pour elle !)

Présentation : 

C'est la plus petite vallée : la plus courte et la plus raide : les villages et hameaux sont perchés à flanc sur plusieurs étages très pentus ( les versant sont ripidi !) et, tout en haut, trône un sanctuaire au pieds d'alpages débonnaires.

Vous découvrirez donc le sanctuairre de San Magno : honnêtement, connaissiez-vous ce Saint Magne ? Il y a deux versions quant à sa profession : moine ou soldat romain, c'est pour le moins contrasté ! Sachez au moins qu'il semble très fort pour sauver les vaches en détresse ! Mais il a visiblement su aussi s'adapter aux dangers de la vie moderne : accident de voiture et guerre (vu son métier cette spécialisation s'explique facilement).

Le sanctuaire abrite de très belles fresques de XV° siècle, dans la « capella antica », derrière l'autel (accessible en dehors des messes). A noter que, si le christ a la vedette, le diable et ses démons n'ont pas été oubliés (et ils ont brouillé la photo, les coquins !) ... A noter un important rassemblement, avec une procession en grandes pompes qui attire la foule, le 19 août, pour la fête du saint : avis aux amateurs/trices de ferveur religieuses !

Il y a aussi 2 ou 3 petits musées locaux (en particulier celui de Coletto) qui montrent la vie ancienne d'ici, enfin pas si ancienne que ça, car cela ne date que de 50 ans : personnellement j'ai utilisé les outils exposés dans mon enfance ! Vus les nombreux drapeaux occitans et la référence à Frédéric Mistral, la vallée semble très attachée à ses racines occitanes. 

Autre fierté locale : le fromage Castelmagno, produit exclusivement dans cette vallée depuis des sciècles : pas donné, mais bon (nota pour les budgets serrés : ailleurs vous trouverez des imitations, un peu moins chères et pas mauvaises, annoncées "tipo Castelmagno") …

Accès : Théoriquement (et d'après mon GPS), on peut y arriver par en haut, depuis la Valle Stura (de Demonte) ou depuis la Valle Maira … mais la route est hyper étroite, la plus part du temps il faut manœuvrer, quitte à reculer longuement, pour se croiser ! Aussi je vous la déconseille fortement si vous n'êtes pas en moto ou en vélo (mais si c'est votre cas, sachez que, si ça grimpe beaucoup, c'est très beau). D'expérience je vous recommande donc expressément l'accès par en bas, sachant que, même là, ça grimpe sec et que par endroit deux camping-cars ne doivent pas se croiser facilement…

Hébergement : Les camping-cars ne seront pas à la fête, entre les parkings du sanctuaire qui leur sont interdits et la petite route qui offre quasiment pas d'emplacements sur son bord. Par contre on peut dormir au sanctuaire, qui fait « posto tappa » sur la GTA, soit pour la nuitée seule, soit pour la demi-pension (repas typiquement italiens et copieux), voici le lien vers le site officiel. Si vous lisez l'italien cliquez sur « storia » et vous ferez plus ample connaissance avec ce sympathique saint réfugié dans ces alpages (pensez-y si vous avez des vaches !) :

http://www.sanmagno.net/wp/ospitalita-e-orari/

Ballades :

  • Petit tour au-dessus de Coletto de vieux hameaux en vieux hameaux (2H ? : non testé encore, mais probablement joli, quoique court ; en profiter pour visiter le petit musée)
  • Montée au Mont Tibert (belle vue sur le Viso le matin) 900m / 4h30 AR. Soit en aller-retour par le Colle Intersile (dans un alpage à vaches tranquille, sur une piste, puis un sentier facile, mais assez mal balisé, en particulier pour trouver le départ). Soit en faisant une boucle en passant (à la montée de préférence) par le Monte Crosetta (suivre «Monte Tibert variante») : attention il y a des passages en mauvais rocher pas faciles (à la descente j'ai mis les mains et même deux fois les fesses !) et/ou un peu exposés + un balisage pas toujours serré (rouge et blanc et points rouges par-ci par-là) : depuis le Monte Crosetta suivre grosso modo la crête ouest, assez souvent dans son versant gauche, mais pas toujours, donc variante uniquement pour randonneurs/euses aguerri/e/s et ayant le sens de l'itinéraire. Toutefois c'est un joli parcours de crête. A noter : en passant sous la bergerie : deux beaux gias abandonnés, mais encore en bon état («chalets en pierres typiques du coin) et encore quelques fleurs mi-août (oeillets surtout).

En montant vous croiserez des vaches blanches peu farouches et pas agressives: des charolaises par ici ? Ma che no ! Elles sont légèrement grisées et on le mufle noir: ce sont des piémontaises (normal par ici non ?). D'après le site internet de la race ce serait une race à viande, mais celles que j'ai vue me semble un peu efflanquées question biftecks et, d'ailleurs, il faut bien que des centaines d'entre elles se dévouent pour fournir suffisamment de lait pour le fameux fromage vendu de partout ! Il y a-t-il deux races ou une sous variante laitière : mystère...

6°) LA VALLE STURA (explorée plusieurs fois celle-là mais pas partout)

Présentation : C'est la plus large vallée (avec la vallée de Susa), avec plusieurs vallons adjacents +/- fréquentés, sur sa rive droite notamment (sens orographique, donc à la descente). C'est une voie de grand passage routier, parcourue par de nombreux touristes et camions (du coup ça embouteille sec dans trois villages où les croisements sont difficiles). A mon avis les villages y sont moins attractifs d'un point de vue touristique, mais, bon, je ne les ai pas encore tous visités !

Ballades :

- A) Depuis le haut de la valle Stura :

1°) Laghi di Roburent : départ d'Argentera (à côté de l'église) : 3H45 AR / 800m. (pas de photos hélas suite à un virus dans mon PC !) 

Belle montée à flanc avec vues sur la vallée, puis dans des vallons « secrets », fermés et suspendus, pâturés par des moutons, pour une fois (du coup j'ai guetté des patous, que je crains, mais il semblait ne pas y en avoir, aux dires des randonneurs croisés, de toute manière le troupeau était plus haut). Un avantage de mon attitude de guet : j'ai vu de nombreuses marmottes ! On débouche aux deux lacs du dessous (laghi sotto) dans un beau cadre sauvage rocheux, un quart d'heure plus tard on est au lac supérieur (lago sopra) dans un cirque d'alpage plus riant (mais où il y a pas mal de monde, venu du coté français). Au retour : ne pas hésiter à faire une petite pause, à mi-descente, au lieu dit « la Tinetta » (panneau) pour admirer le paysage rocheux et repérer les endroits où le sentier se faufile adroitement pour nous guider sur un parcours assez facile en fait, mais déjà montagnard.

 Nota : moyennant une manœuvre de voitures, si vous en avez deux, (ou un peu de stop si vous êtes patients et aventureux), on peut faire une belle traversée tranquille : partir par le vallon de l'Oronaye (coté français un peu sous le col), monter au lac du même nom (avertissement : c'est souvent la foule !), passer le colle di Roburent et descendre sur les lacs du même nom et, de là, à Argentera où on retrouve la route principale. Attention : c'est peu balisé coté italien : des flèches bleues de loin en loin, de rares cairns par-ci par-là et, au-dessus de la bergerie, quelques traces jaunes : le tout est un peu déroutant…

2°) Colle Valcavera par le vallon della Madonna: départ de Sambuco (itinéraire de la GTA) 1200m (si on va jusqu'au col, ce qui n'est pas obligatoire) : très beau parcours sauvage à souhait et riche en fleurs en juin – juillet.

- B) Depuis la vallée qui monte au col de la Lombarde / Colle della Lombarda :
1°) Lacs Lausfert : coté français en fait, mais on monte depuis l'Italie, par le lac de Sant'Anna et le PassoTesina : 500M de montée environ.
Départ du sanctuaire de Sant'Anna di Vinadio (pas évident de se garer, vu la foule, si on arrive tard !).
Montée facile et évidente au lac, dans un cirque à la fois rocheux et serein, puis tranquillement au Passo Tessina, ensuite traversée, prudente, à flanc sur une large piste muletière ex-militaire taillée dans un flanc abrupt jusqu'au Passo Lausfert (voir photo) et de là assez facilement au lacs du même nom. Retour : soit par le même chemin (le plus facile), soit directement sur le lac de Sant'Anna (rapide, mais raide et glissant en haut). 


Arrivé sur la  frontière, on a une vue dégagée sur le troupeau de montagnes françaises du Mercantour Ouest. Si on fait la boucle on suit un moment une crête herbeuse agréable à parcourir ... avant le pierrier étroit qui descend raide sur le lac !


En août on croise encore les derniers œillets et les premières linaigrettes : sympa.

Vous n'aurez pas pu louper au passage la statue de l'apparition, origine de toute cette ferveur religieuse, avec, perchées sur un rocher, Sant'Anna et sa fille (rien moins que Marie, la future mère de Jésus, des fois que vous l'ignoreriez… comme moi avant de venir !) perchées sur un rocher (remarquez la barrière pour les empêcher de tomber !) et la bergère ayant eu l'apparition en adoration pieuse à genoux en bas. 

Nota : joli tour, mais du monde !

Si vous voulez profiter du site une fois la foule partie (pèlerins et, plus nombreux semble-t-il, promeneurs), vous pouvez tenter de dormir ici au posto tappa ou en chambres (s'adresser au restaurant au-dessus de l'église), mais ce sanctuaire a moins de cachet occitan, car typiquement italien de la plaine, que celui de San Magno (pour qui j'ai un petit faible il est vrai).

http://www.santuariosantanna.eu/pellegrini/soggiornare-al-santuiario/

Si vous lisez l'italien cliquez sur « chi è Sant'Anna » pour vous édifier sur la vie de la mère de la Vierge Marie… (au fait qui était sa grand-mère ?).

2°) Testa del Gias dei Lahi : 700m en 3H30 environ.
Balade «secrète », uniquement pour randonneurs/euses ayant bien le sens de l'orientation, sachant lire la carte, se repérer pour retrouver le chemin au retour et ayant le pied sûr ! Départ : dans un virage un peu en-dessous du lago d'Orsals. Prendre un sentier d'alpage pour grimper à un 1° col (raide sur la fin), puis aller à un 2° col sur la droite (encore plus raide et caillouteux, pas vraiment de sentier en haut), tirer à gauche sous des rochers (plus de sentier) et déboucher dans un pierrier grossier : de là on grimpe à vue au sommet. Vous l'aurez compris, il faut être habitué aux mauvais terrains glissants et tordeurs de chevilles ! Par contre : vue très dégagée sur le grand Paradis dans le fond … si on arrive avant les nuages, donc tôt ! (Idéalement être au sommet vers 9H).

7°) LA VALLE GESSO 

(visitée plusieurs fois avec toujours autant de plaisir)

Présentation : 

Vallée assez courte, s'ouvrant sur un éventail de trois vallons sauvages. Les villages y sont typiques (quoique pas en pierres brutes et pas en lauzes) et vivants (Valdieri et Entracque). Mais surtout elle est principalement occupée par le Parco Naturale delle Alpi Maritime qui est largement en communication, par divers cols, avec le Parc National français du Mercantour (les deux parcs sont jumelés). La flore y est très riche (nombreuses espèces, car on est au carrefour de trois influences climatiques, plusieurs espèces endémiques, c'est à dire ne poussant que dans la région) et les animaux sont peu farouches (marmottes, chamois et, surtout, bouquetins).

Site du parc Naturel : http://fr.parcoalpimarittime.it/

 Le loup (il lupo) est revenu aussi par ici : un musée et un parc lui est consacré : utile pour meubler une journée maussade ...

Renseignements touristiques : 

l'ufficio toursitico à Entracque (plazza giustizia e libertà, en plein centre piéton, tel : 0171 978616) est une mine de renseignements et on y parle français (plans de la ville et du parc, vente de cartes de randonnée, listes des refuges et campings et adresses des centres sur les loups). http://www.entracque.org/default.aspx

Balades :

1°) Il Lago del vei del Bouc = « le lac du vieux du bouc » en occitan, vieux qui serait enterré au fond du lac, après avoir fini sa vie dans les parages en sage ermite accompagné d'un bouc (ou d'une chèvre, c'est pas très clair). La légende est formelle : après son enterrement la montagne s'est éboulée sur sa tombe et a créé le lac : tout le monde n'a pas un enterrement de cette classe !

Départ de San Giacomo : 800m de dénivelé / 4H30 AR. Sur une piste, puis un bon sentier en larges zigzags, mais dans une pente parfois assez soutenue. Ce grand lac se niche dans un beau cirque animé par des vaches débonnaires. Bonne balade de mise en jambes … mais on peut, si on a la fritte, monter au col au-dessus (plus raide sur la fin).

2°) Traversée du Colle della Fenestrelle = + 900m – 1200m en 6H

Départ du lago di Rovine d'en bas (vous pouvez économiser le péage en arrivant tôt ou en vous garant juste avant, moyennant un petit kilomètre de route plate longeant le lac), fin à San Giacomo (avec une manœuvre de voitures ou du stop pour revenir à votre voiture). 

C'est une belle traversée pour montagnards, avec des pentes raides mais sur de beaux sentiers (malgré la longueur de la piste un peu monotone en bas). Elle est entièrement sur la GTA, donc bien balisée. Les deux versants sont très contrastés : très rocheux à la montée, avec vues sur les lacs, puis dans des alpages herbus à la descente. ,

Dans la descente on a de belles vues sur le Mont Gelas, un des sommets fameux du coin, et on aperçoit le colle della Fenestre / col de Fenêtre dans le fond. Ce col était un ancien grand passage historique entre le comté de Nice et le Piémont (vous savez bien sûr que c'était deux possessions de la maison de Savoie !). La grande affaire était de faire passer du sel au Piémont , sachant que le commerce du sel a été longtemps un trafic très juteux, en particulier pour les états qui le taxaient sans ménagement (un peu comme l'essence maintenant). De nos jours le col est encore très fréquenté, mais les randonneurs/euses ne se surchargent plus en sel ...

On fini par une bonne heure de piste monotone, mais heureusement de temps en temps le spectacle du ruisseau aux eaux vives nous rafraichit l'esprit ... en attendant la bière bien mérité ( bira) ...

En prime le paysage est animé par de nombreux habitants, pas des vaches cette fois, mais des bouquetins et des chamois (les éventuelles marmottes ne se sont pas montrées, mais il doit y en avoir par ci par là ?). Si les chamois restent prudemment à l'écart des sentiers, les bouquetins n'hésitent pas à s'installer juste au bord, y compris les femelles, pourtant plus distantes habituellement, qui installent leur crèche au bord de la piste ... A noter : j'ai eu beaucoup de mal à persuader un touriste italien à ne pas donner un bonbon au bouquetin qui nous regardait curieusement passé !

3°) Traversée en passant par le Rifugio Questa (tel 0171 97338 ou 347 7959051) .

2 Jours = + 900m – 1200m (au moins, car le 2° jours, après le refuge, il y a de nombreuses redescentes et remontées). Départ des Terme di Valdieri

On découvre de nombreux lacs (sur les photos je ne vous les ais pas tous mis pour pas vous lasser !) : c'est la plus belle randonnée par ici à mon avis.  Seul problème : les autres randonneurs n'ont pas attendu mon blog pour savoir qu'il "faut" venir ici !

Départ des terme di Valdieri : on commence par monter dans une large vallée en prés-bois où trône (c'est le cas de le dire) un ancien pavillon de chasse des rois du Piémont-Sardaigne-Savoie, puis d'Italie (révisez votre histoire : https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Savoie ). Sublime montée ... 

On monte raide jusqu'à un premier lac : il lago di Valscura (possibilité de monter à la bassa/baisse del Drous en AR), puis passage au lago del Claus (où en fin de journée les chamois aiment bien se montrer) puis au lago delle Portette, juste au-dessus du refuge (après un bonne bira par exemple).

Ensuite, le lendemain si possible, ou dans la foulée selon votre forme et/ou votre envie de passer une nuit en montagne : traversée tout en petites descentes et petites remontées sur de larges pistes muletières. Il y a deux versions, éventuellement cumulables : selon la 1° ce seraient d'anciennes routes militaires, selon la 2° elles servaient au roi pour aller à cheval à la chasse, en guettant les chamois et les bouquetins rabattus vers lui : c'était royal, mais assez peu sportif me semble-t-il !


Finalement vos efforts sont récompensés, car vous arrivez aux somptueux laghi di Fremamorte. Si vous faites le tour en deux jours, montez au colle di Frematorte, en aller-retour, pour la vue sur d'autres lacs coté français et des cimes dans les lointains, ça vaut vraiment le coup.

Pour finir : descente sur le gias delle Mosche. De là retour aux Terme di Valdieri, soit en voiture (si vous en avez deux), soit en stop (si vous avez de la chance, mais ça semble bien marcher...), sinon à pieds (environ 1H ?). Très belle traversée : je vous la recommande…



3°) LES AUTRES BLOGS D'OLIVIER-GRENOBLE : 

a) Turquie: RANDONNEES EN LYCIE ( = en bord de mer) :

http://www.rando-trekking.com/carnets-randonnees/entry/650-turquie-randonn%C3%A9e-en-lycie

b) Alpes du Nord : LE VERCORS EN LONG ET EN LARGE :

http://www.rando-trekking.com/carnets-randonnees/entry/1150-traversees-du-vercors-en-long-et-en-large

c) Alpes du Nord : Traversées des Bauges et de la Chartreuse :
http://www.rando-trekking.com/carnets-randonnees/entry/1169-bauges-chartreuse-traversees-integrales-en-randonnees  

d) Alpes du Sud : RANDONNEES DANS LA VALLE DU HAUT BUËCH :
http://www.rando-trekking.com/carnets-randonnees/entry/923-le-bochaine-en-tous-ses-%C3%A9tats
e) Alpes du Sud : BARONNIES ET DIOIS : RANDONNEES DE DECOUVERTES :

=> En préparation après être aller y faire un tour ....

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jeudi 14 décembre 2017
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